Le prix des oeuvres, LA question tabou… mais non, pas tant que ça

Le musée d’art contemporain de Montréal offre actuellement un séminaire très intéressant sur le marché de l’art contemporain. Au cours des visites de l’atelier Dil Hildebrand, gagnant du concours RBC 2006, puis de son galeriste, premier vendeur, par deux fois, la question sur le montant du prix des oeuvres a été posée. La question du « bon » investissement a également été soulevée. Voici mes réponses.

Vous êtes un artiste et voulez fixer vos prix? Agissez comme un homme d’affaires ! Commencez par évaluer le prix coûtant de vos oeuvres. Cela inclut, les matériaux, les frais fixes (les frais incompressibles tels que la facture d’électricité, le loyer, le salaire de la bonne qui nettoit votre atelier, etc) répartis sur l’ensemble des pièces que vous produisez pour une certaine période de temps, les frais de recherche (et Dieu sait que de nombreux artistes en ont pour développer leur technique) et … votre revenu indexé sur votre horaire. Les galeries fonctionnent sur une côte au pouce carré ou au centimètre carré (pour une peinture).  À moins d »accepter de vivre comme un crève-la-faim, il est dans votre intérêt, qu’elle soit supérieure  au prix coûtant divisé par la superficie.

Donc, artistes, n’oubliez pas :

«Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage : Polissez-le sans cesse et le repolissez ; Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.»
Nicolas BoileauExtrait de Satires, épîtres, L’art poétique

«… Mais n’oubliez pas d’ajouter le temps à votre facture quand même …»
Artfruit

Comment est calculée réellement la côte dans une galerie? La réponse : le marché est roi. C’est donc principalement par comparaison. Tout d’abord, il faut que l’artiste soit vendable, dans le sens où son apport artistique peut séduire des gens. Tout le talent du galeriste s’exprime alors, car un bon galeriste (de ceux qui agissent en tant qu’agent) par son analyse, par la maîtrise de son réseau et de son domaine sera capable de déterminer si l’artiste est « bankable », et même parfois, à qui ira telle pièce et pour combien. Toutefois tout comme à la bourse les facteurs socio-économiques agissent sur la valeur d’une entreprise, certains facteurs plus concrets joueront un rôle dans la valeur de l’artiste. Investisseurs! Notez :

  • L’apport artistique, susceptible d’intéresser  musées et collectionneurs par l’originalité de la démarche, la puissance de la réflexion, ou la technique employée,
  • la nature exceptionnelle de la pièce, par exemple, prototype d’une série, représentative du changement de direction de l’artiste,
  • la réussite technique particulière d’une pièce (et d’être allé chez des artistes peintres, je vous assure qu’il y en a certaines qui instinctivement sortent du lot),
  • la visibilité de l’artiste, gagnant de plusieurs concours ou invité des plus grandes foires internationales­, présence dans les journaux, par exemple,
  • pour le marché secondaire (le marché de la revente), la visibilité de la pièce, les collections dont elle a fait partie,
  • la spéculation, basée sur la loi de l’offre et de la demande, et les prévisions à court terme
  • j’ajouterai la pérennité de l’oeuvre, bien que cela soit discutable dans de nombreux cas, c’est tout du moins un élément à réfléchir et à gérer dans le cas d’un investissement.

J’en viens à la seconde question. Comment en tant qu’acheteur faire un bon placement? Et là, je vous donne un avis personnel, spécifique au marché primaire (première vente). De un, comme pour tout investissement, la réponse absolue n’existe pas : vous pouvez parier et vous planter.  De deux, comme pour tout investissement, la réduction du risque passe sans conteste par l’entretien de votre investissement, synonyme de travail : étudiez la démarche de l’artiste, analysez son CV,  documentez-vous sur l’art en général. Et si vous êtes jusqu-au-boutiste, je vous invite même  à le promouvoir dans votre propre réseau, sur l’internet, et faire tout ce qui peut participer à la visibilité de votre chouchou à votre échelle. Ces quelques pistes participeront à la prise de valeur de vos pièces. Finalement, faites confiance à votre propre jugement et seulement à ce dernier, car tous les artistes, galeristes, et consultants ne se valent pas, donc ne les laissez pas décider à votre place. Par prudence, achetez des pièces avec lesquelles vous souhaitez vivre et investissez plutôt dans les créateurs (et non simplement la pièce)  auxquels vous croyez.

Eric J. Hughes et le Communiqu’art

Quatre années de travail, 22 numéros en version papier, un média internet, le Communiqu’art est une vision unificatrice d’un univers décousu : le milieu de l’art. Avec ces symposiums, colloque et autres réunions régionales du même accabi, la communication interne entre les différents acteurs du monde de l’art prend un modèle insulaire.  Le  Communiqu’art devait être un facilitateur central pour corriger cette incohérence.  Eric nous présente  son projet et explique pourquoi au bout de quatre ans de travail acharné, l’homme orchestre du Communiqu’art jette l’éponge.

Eric J.Hughes, le synesthésique aux multiples styles

Eric, créateur et homme d’affaires montréalais s’essaye dans différents espaces de la peinture. les variations dans les styles, aussi ecclectique dans l’abstrait que dans le figuratif, les variations dans les palettes de couleurs sont le lot de chacune de ses « séries ». Tous les traits d’une  synesthésie naturelle -- parfaitement illustré dans sa série Délirium -- définissent également son univers artistique : la beauté et les couleurs chatoyantes ressortent à travers l’ensemble de son oeuvre. Il recherche également une liberté  de créer de nouvelles techniques par l’usage de la variétés des outils destinés ou non à l’art et offert par notre production contemporaine.

Série Catharsis : L'invincible

<i>Série Seringue</i>:60e parralele

Série Seringue : 60e parrallèle


Série Délirium : Symphoniaque

Série Catharsis : La dormeuse

Série Délirium : Coqameleonerie

Diptyque

Série seringue : Diptyque

Alexander Poll, la passion du style

Cubain d’origine, Alexander Poll est un jeune créateur montréalais autodidacte, obsédé par l’unicité du style de l’artiste. Sa démarche artistique a donc pour but la création de son propre style inspirée de l’abstraction enfantine. Dans la vidéo, il présente sa méthode de création, débutant par l’isolation de toute source susceptible de l’influencer à commencer par ses propres tableaux. Une fois l’objectif de la série ou de la toile en cours fixé dans son esprit, une longue réflexion s’amorce pour déterminer sa propre vision sur le thème. Vous pourrez constater que ses tableaux aux riches couleurs pastelles  sont effectivement à l’image de sa personne  : rafraichissantes et joyeuses.

Je vous invite à relever dans la vidéo l’ensemble des éléments qui participe au développement du style d’Alexander. En entrevue, il a avoué que ses 100 premières toiles n’ont servi qu’à cela.

Visions sur l’Art Québec

Mes idées fleurissent - Maryel Boucher

Mes idées fleurissent - Maryel Boucher

Nous souhaitons à travers cet article illustré par un exemple l’écosystème complexe des personnes morales liées de prêt ou de loin à l’Art.  L’association Visions sur l’Art Québec soutient les artistes de toutes les disciplines en situation de handicap dans le but de faciliter leur intégration professionnelle. L’entrevue a été réalisé dans les locaux de l’agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Toutes les oeuvres que vous voyez ou que vous verrez à travers cet article sont réalisées par des artistes professionnels. Inutile de vous dire que vous ne verrez pas trace de handicap dans la qualité de leurs travaux.

Spring Thaw

Spring Thaw - Ramya Amarasekera

Il est impossible pour un bien-portant hors du domaine de la réadaptation de réaliser le niveau de complexité à assister une personne handicapée, non seulement en raison des contraintes financières fortes, mais surtout car la solution universelle n’existe pas : tout réside dans la personnalisation des aides qu’elles soient techniques ou humaines. Ceci reste valable pour le matériel d’artistes et leur profession. Marie-France Marcil nous présente l’association, son rôle social et ses actions. Si vous n’avez que trois minutes à passer sur le film, je vous invite à commencer à 5:43, où Marie-France explique comment le handicap est source de création. L’oeuvre de référence est Spring Thaw de Ramya Amarasekera.

Si vous souhaitez faire des dons qui ne coûte pas cher, l’association cherche de vieux instruments de musique qui pourront être adapté au besoin de leurs nouveaux propriétaires. L’argent sonnant et trébuchant est aussi accepté et déductible. Voici pour le plaisir des yeux, quelques oeuvres supplémentaires.

Gisèle - Hector Perez-Gonzalès

Le long du canal Lachine

Bouquet garni - Diane Jonhson

Bouquet garni - Diane Jonhson

Chute - Adrienne Boivert-Allaire

Chute - Adrienne Boivert-Allaire

Iris du printemps - Maryel Boucher

Iris du printemps - Maryel Boucher

Kily

Nous souhaitions vous proposez deux artistes radicalement opposés pour vous offrir une vision de l’art contemporain la plus large possible, et susciter l’intérêt, chez vous, cher lecteur, à porter un regard ouvert sur l’art contemporain grâce aux portraits des artistes. Eh bien, avec Kily, ce sera réussi!
Pour preuve, Julia est une artiste très orientée vers la beauté, qui suit une école de pensée classique (les impressionnistes) dans sa quête de lumière et de couleurs. Kily, est, au contraire, un artiste des oeuvres de l’ombre. D’origine haïtienne, arrivé en 2004 à Montréal, il travaille beaucoup sur le thème de l’esclavage qui s’est, je cite, « imposé » à lui quand il avait vingt ans. De nature très indépendante et pratiquant son art depuis près de vingt cinq ans, il pourrait être le cliché des artistes inadaptés sociaux, pleins de contradictions , et incapables de s’imaginer faire autre chose que leur art. Bref, Kily est un personnage haut en couleur et son art ne l’est pas moins, avec ses supports hétéroclites et son style qui parfois vous glace le sang. Aimer ou détester, je me pose moi-même la question dans une ambivalence entre le malaise porté par le message et la sensibilité au fait que l’image puisse charrier autant d’émotions …  En tout cas, il ne vous laissera pas indifférent. Par ailleurs, quelque soit votre réaction (ou la mienne), je suis sûr que ses pièces, pleines de force et d’ambigüités, auront leur place dans une bonne collection.

Dans le film, l’artiste se présente. Nous avons quelques mots sur la technique et quelques mots sur ses démarches de propagande. Il évoque également les difficultés que lui suscite l’intégration dans la communauté québécoise, et la vie d’artiste.

Si vous souhaitez acheter une de ses oeuvres, vous pouvez nous contacter. Précisions : ce sont en général des grands formats et prix entre 1500 et 3000 dollars. Si vous souhaitez accéder à des sculptures, n’hésitez pas non plus à nous le faire savoir.

Photos: Eric Barbier

Julia Lvov

Photo: Eric Barbier

Voici donc notre première entrevue. Julia Lvov est une montréalaise d’origine russe, artiste semi-professionnelle. Elle pratique principalement la peinture à l’huile. Tout sa recherche artistique repose sur la capture de la lumière et de la couleur à la manière des impressionnistes. Avec un style très ecclectique, elle se classe facilement dans la lignée des artistes de « complaisance » -- Je déteste ce mot, mais c’est malheureusement celui qui est utilisé dans la littérature --  : tout est beauté et joie.

Dans la première partie de l’entrevue, Julia se présente et présente sa perception de l’art.

Dans la seconde partie, nous parlons de technique et de son rapport aux affaires. Vous pourrez apprécier à quel point vendre ses oeuvres est très secondaire dans sa vie. Nous parlons plus particulièrement de ce portrait dont le jeu de couleur est obtenu par une technique complexe.

Photo: Eric Barbier

Voici quelques unes de ses oeuvres :

Photo: Eric Barbier

Photo: Eric Barbier

Photo: Eric Barbier

Photo: Eric Barbier

Si vous êtes intéressé par l’achat d’une des pièces (celles sur le site ou autres pièces) ou souhaitez des photos complémentaires d’autres pièces , n’hésitez pas à nous contacter. Prix des pièces : autour de 600 dollars.

Pourquoi consommons-nous de l’art et pourquoi l’art visuel serait-il un produit d’avenir?

« Marketing de l’art et de la culture » aux éditions Dunod, coordonné par Dominique Bourgeon-Renaud  est malheureusement un livre au style très académique, mais au contenu souvent intéressant. Je vais vous résumer une partie sur la consommation culturelle que nous allons appliquer plus particulièrement la consommation de  l’art visuel. Dominique Bourgeon-Renaud (au Chapitre 3) donne six raisons  à la consommation des produits culturels dont quatre s’appliquent parfaitement à la consommation d’art visuel :

  1. L’émotion esthétique : c’est surement la plus difficile entre toute à décrire par des mots simples, mais je pense que ceux qui y sont sensibles comprendront. Pour les autres, l’art (et particulièrement l’art contemporain) est justement un moyen d’entrer en contact avec ses propres émotions, de pouvoir les comprendre. Peut-être serait-ce un moyen pour certains, de réapprendre à les maîtriser sans les ignorer? Une belle idée de thérapie en perspective…
  2. L’évasion et le changement : un bon moyen de rompre avec la routine quotidienne. Pour l’exemple, je vous inviterai à regarder autour de vous dans le métro de Montréal. C’est une mine d’or, où les trésors sont cachés à la vue de tous. J’attends des nouvelles de la STM, pour pouvoir vous en montrer quelques uns.
  3. L’enrichissement intellectuel : vecteur essentiel de la survie de toute civilisation, l’art a un bel avenir devant lui, surtout pour l’exception québécoise dont la culture est, d’après l’avis d’au moins 40% de la population, perpétuellement menacée.
  4. La distinction sociale : Là encore, l’art a un rôle et une carte importante à jouer pour l’avenir. Niez-le ou pas, les études de David Buss soutiennent que les femmes accordent beaucoup d’importance aux perspectives financières de l’homme et à son statut social. Quand nous constatons qu’aujourd’hui certains repères sociaux changent (par exemple, la voiture perd de plus en plus son côté séducteur), on peut se demander vers quel exutoire le besoin de séduction se tournera. En ce qui me concerne, je parierai sur les atours de la consommation culturelle en raison de l’intellectualisation et de l’augmentation de la consommation d’informations.

Je prépare actuellement des entrevues avec des artistes de la grande région montréalaise en vue de vous faire découvrir différents styles et différents objectifs d’expressions. La semaine prochaine, je vous présenterais une artiste, proche de l’école impressionniste. Si vous souhaitez que je fasse découvrir des artistes dont la qualité est professionnelle ou semi-professionnelle de vos connaissances, je reste très ouvert.

Bienvenue

Et bien, nous voilà sur la toile! Portraits d’artistes vous souhaite la bienvenue. Vous êtes ici chez vous et nous vous invitons (vivement) à partager ce site avec vos amis, vos conjoints et conjointes, maîtresses et amants, ainsi que vos proches pour découvrir avec nous un monde souvent incompris , celui de l’art visuel  et plus particulièrement celui de l’art visuel contemporain et actuel. A qui s’adresseront les articles? D’abord aux communs des mortels (comme nous-même) curieux de l’art : pas de mots compliqués ni de migraines prolongées. Toutefois, nous orienterons nos articles selon les thèmes de l’art pur et des affaires liées à l’art pour offrir une vision plus holistique — traduction : globale et complète — du milieu. Donc il est certain que les artistes, et les hommes d’affaires y trouveront également leur compte.

Expérience sensorielle, outil de communication parfois politique souvent philosophique, ou placement, nous aborderons tour à tour les différents aspects que peuvent revêtir l’art. Pour cela, nous essaierons d’aborder les problématiques avec des professionnels à tous les niveaux, que ce soit artistes, négociants, agents ou gestionnaires d’organisme culturel. Mais nous souhaitons surtout vous faire découvrir les artistes et vous ouvrir à l’amour de l’art grâce à une  meilleure compréhension des oeuvres. Et comment comprendre mieux les  oeuvres que par les créateurs eux-même? Donc attendez-vous à découvrir sur notre site des artistes  que vous n’aurez probablement jamais cotoyé.

Un dernier mot sur la politique  sur les commentaires. Nous ne vous censurons pas. Au contraire, nous vous invitons à vous exprimer de tout notre coeur. Par contre, nous vous demandons des critiques constructives. Si vous aimez et surtout si vous n’aimez pas, efforcez-vous d’expliquer pourquoi : dans le cas contraire,  on vous enverra un joli courriel sans méchanceté aucune, vous demandant de préciser votre pensée ou plutôt les raisons de votre émotion. N’oubliez pas que les artistes eux-mêmes pourraient vous lire, et la cruauté n’a jamais servi à rien. Donc merci de votre compréhension et encore une fois, bienvenue.


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